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15 000 postes par an non pourvus dans le secteur du numérique, quelles solutions en matière de formation ?

15 000 postes par an non pourvus dans le secteur du numérique, quelles solutions en matière de formation ?

Avec un taux de chômage estimé à 3,8 % alors que le taux global s’établit à 8,8 % en France, le secteur informatique affiche une conjoncture de quasi plein-emploi. Les projets de transformation numérique des entreprises impliquent un recrutement massif dans ce domaine et cette tendance ne fera que accroître dans les années à venir. Par ailleurs, les filières classiques que sont les écoles d’ingénieurs et les masters universitaires ne parviennent pas à satisfaire la demande. Le constat serait un déficit de 15 000 postes par an qui ne trouvent pas preneurs.

 

Quelles sont les causes de ce déficit et quelles solutions concrètes, en matière de formation et de cursus sont les mieux adaptées ?

 

Patrick Rakotomalala, Dirigeant d’ISIKA, école de Reconversion et Formation aux Métiers du Numérique, dresse un état des lieux du marché et expose l’importance d’un système de formation pensé pour répondre à cette forte demande.

Un contexte économique propice à l’investissement et à la transformation digitale des entreprises 

 

Malgré les aléas du contexte international ou de l’environnement social français, la croissance de l’hexagone semble solidement arrimée à l’investissement des entreprises. La propension à investir témoigne de la confiance retrouvée des agents économiques du secteur informatique avec des perspectives d’activité bien orientées.

Selon le Syntec, 87 % des entreprises envisagent ainsi une croissance de leur chiffre d’affaires avec une croissance attendue en 2019 de +3,9 % après une progression de +4,1 % en 2018, dans un secteur qui bénéficie à la fois de l’amélioration de la conjoncture économique et de changements structurels favorables à son activité.

A l’inventaire de ces changements on retrouve les projets de transformation numérique des entreprises et des administrations portés en particulier par les projets  SMACS (Social, Mobile, Analytique, Cloud, Sécurité) qui progressent pour atteindre 28,5 % du marché logiciels et services avec une croissance de + 14,7 %.

En 2017, en France, les projets SMACS ont représenté un chiffre d’affaire de 9,1 milliards d’euros, soit une hausse de 16,2% en un an. À titre de comparaison, les investissements IT traditionnels n’ont crû eux que de 135 millions d’euros.

 

Source APEC

 

Une offre de recrutement en forte hausse contrastée par une diminution du nombre de candidats

 

Corollaire de ce dynamisme, les intentions de recrutement se maintiennent à des niveaux élevés. Au quatrième trimestre 2018, 93 % des entreprises de plus de 100 salariés du secteur envisageaient de recruter. 54 % d’entre elles déclarent des volumes d’embauches plus importants qu’en 2017.

Reflétant une tendance de long terme, les besoins en recrutements cadres de la fonction informatique n’ont jamais été aussi élevés. Au début de l’année, les entreprises du secteur prévoyaient de recruter entre 55 000 et 60 000 cadres. 

Dans le secteur informatique, trois quarts des entreprises déclarent avoir trouvé difficilement des candidats adaptés au poste lors de leur dernier recrutement de cadre, arguant de la rareté de certains profils et du manque de candidats.

La chute du nombre de candidatures en réponse aux offres d’emploi Apec est un indicateur significatif des tensions du marché. Les offres d’emploi dans la fonction informatique publiées sur apec.fr attirent en moyenne 17 candidatures au 1er trimestre 2018. Elles en attiraient 23 un an auparavant. Il est à noter que l’ensemble des offres d’emploi Apec attire en moyenne 29 réponses.

Dans le domaine, les offres qui suscitent le moins de candidatures, et donc les fonctions en mal de recrutement, concernent principalement les métiers du développement et en particulier les profils spécialisés dans les technologies Java 2 EE.

 

                                                      Source OPIEEC

 

Le paradoxe : 90% des offres de recrutement dans le secteur s’adressent à des profils de niveau Bac+5 (master, Ingénieurs). Les acteurs du secteur y sont profondément attachés. Mais les filières classiques que sont les écoles d’ingénieurs et les masters universitaires ne parviennent pas à satisfaire la demande. Le déficit serait de fait de quelques 15 000 postes par an.

 

Source : Ministère de l’Éducation Nationale
                                                                                                                                                           

 

L’alliance du Reskilling et d’une formation complète en cycle long

 

Les filières reskilling (reconversion ou reconstruction de compétences) proposées par la formation continue offrent donc une alternative essentielle. À la condition qu’on ne se berce pas d’illusion : les compétences exigées pour assumer de manière légitime et pérenne des fonctions de cadre en Conception et Développement dans le domaine des études et développement (et des SMACS en particulier) ne peuvent pas se bâtir de manière magique sur des cycles de moins de 6 mois.

Il est vrai que l’obsession bien française du diplôme, fait que sur des postes où on exigeait il y a quelques années un Bac+3, on demande désormais au candidat d’afficher un Bac+5. Mais au-delà du diplôme, le niveau de compétences, de savoir, de savoir-être exigé demeure : on ne construira pas, ab initio, le socle d’une compétence métier pérenne de cadre informaticien en conception et développement sur un cycle de deux mois ½.

Le danger est en effet de faire croire qu’en raison des tensions du marché, et face aux difficultés d’emploi des publics les moins qualifiés, le marché serait accessible et ouvert à tous les candidats qui auraient suivi, en ligne ou en mode classique, une filière de formation basique. Ces cycles « basiques » de formation (i.e « Développeur Web » de niveau IV (Bac))  ne doivent être vus que comme un premier pas, un jalon dans la construction plus longue d’une véritable compétence métier.

Des cycles de deux mois 1/2 peuvent toutefois avoir du sens :

  • S’ils se fondent sur un socle de savoirs et de culture eux-mêmes bâtis à l’origine sur des filières de niveau BAC+5 scientifiques (Masters, Ingénieurs) : mais on serait alors confronté à l’absurdité profonde d’offrir une formation aux publics qui en ont le moins besoin.
  • S’ils sont vus comme cycles de préqualification ou de préparation à un cycle complémentaire long
    quand ils s’adressent à des publics plus éloignés de l’emploi.

De fait, associé à un contrat de professionnalisation diplômant à niveau II (Bac+3/4) ou à niveau I (Bac+5), un dispositif de POEi qui offrirait 400 heures de formation de préqualification en préambule d’un cycle plus long en est une alternative intéressante pour les entreprises en mal de recrutement et pour les  candidats qui souhaitent un parcours solide de reconversion.

 

Le positionnement d’ISIKA

 

L’orientation d’ISIKA et de son équipe pédagogique sur le domaine Java 2 EE et Architectures Distribuées, puis récemment, en spécialisation, sur le domaine de DevOps et du Big Data, et à moyen terme du développement Mobile, de l’Intelligence Artificielle et de l’IoT reflète sa vigilance quant à l’adaptation de son offre aux besoins du marché. Il reflète aussi sa volonté d’offrir les compétences les plus actuelles à ses auditeurs et à ses partenaires recruteurs.

La vision d’ISIKA est une vision humaniste et pragmatique : Humaniste, parce qu’elle refuse les a priori en s’attachant plus à la personnalité de ses candidats qu’à leur diplôme, à leur histoire personnelle plus qu’à leur parcours professionnel, à leurs valeurs plus qu’à leur pure performance intellectuelle.

Pragmatique, parce que nos parcours sont bâtis sur notre connaissance profonde à la fois des technologies et des logiques métiers du projet informatique, des logiques de recrutement / sourcing / GRH du secteur des ESN, mais aussi de notre expertise en termes d’ingénierie des compétences.

Patrick Rakotomalala, 12 avril 2019.

Sources : OPIIEC, APEC, Ministère de l’Éducation Nationale

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